SES
Mis à jour le 04/01/2026
Choisir un sujet de grand oral SES sur les marchés ne consiste pas seulement à sélectionner une question économique connue : il s’agit de montrer sa capacité à problématiser, à mobiliser des mécanismes précis et à relier des notions théoriques à des enjeux contemporains. Les marchés occupent une place centrale dans le programme de sciences économiques et sociales, car ils permettent d’aborder aussi bien la concurrence, l’efficacité économique et la formation des prix que les inégalités, le rôle de l’État ou les crises. Un sujet bien choisi doit donc offrir un terrain d’analyse riche, permettre d’articuler faits empiriques et raisonnements économiques, et ouvrir la voie à un échange argumenté avec le jury, sans se limiter à une vision simpliste du fonctionnement des marchés.
Les sujets de marchés les plus pertinents
Les marchés favorisent-ils vraiment la concurrence
L’idée selon laquelle le marché serait spontanément concurrentiel est souvent admise, mais elle mérite d’être interrogée dès lors que l’on observe les structures réelles des économies contemporaines. En théorie, la concurrence repose sur la multiplicité des offreurs et des demandeurs, ainsi que sur une information transparente, conditions rarement réunies dans leur totalité.
Dans la pratique, de nombreux marchés sont dominés par un petit nombre d’entreprises disposant d’un fort pouvoir de marché. Les situations d’oligopole, voire de quasi-monopole, limitent l’intensité concurrentielle et peuvent conduire à des prix plus élevés ou à une innovation contrôlée. Un sujet de grand oral SES sur les marchés centré sur cette question permet de mobiliser les notions de concurrence imparfaite, de barrières à l’entrée et de stratégies des firmes.
Les marchés peuvent-ils s’autoréguler
La capacité des marchés à s’autoréguler constitue un débat central en économie. Selon l’approche libérale, la confrontation de l’offre et de la demande conduit naturellement à un équilibre efficace, sans intervention extérieure. Cette vision repose sur l’idée que les prix transmettent toute l’information nécessaire aux agents économiques.
Cependant, de nombreuses situations révèlent des dysfonctionnements durables. Les asymétries d’information, les comportements spéculatifs ou encore les externalités négatives empêchent les marchés d’atteindre un équilibre socialement optimal. Dans ce contexte, interroger l’autorégulation revient à analyser les limites internes du mécanisme marchand.
Les marchés créent-ils des inégalités
Les marchés jouent un rôle majeur dans la répartition des revenus et des opportunités, ce qui en fait un thème sensible et structurant du programme de SES. Par le jeu des salaires, des prix et de l’accès différencié aux ressources, ils contribuent à hiérarchiser les positions sociales.
Les mécanismes de marché tendent à rémunérer différemment les individus selon leur productivité, leur qualification ou leur pouvoir de négociation. Cette logique peut accentuer les écarts de revenus et renforcer des inégalités préexistantes, notamment sur le marché du travail. Aborder cette question dans un sujet de grand oral SES sur les marchés permet de relier économie et sociologie.
Les marchés sont-ils toujours efficaces
L’efficacité des marchés est souvent présentée comme leur principale justification économique. Un marché est dit efficace lorsqu’il permet une allocation optimale des ressources, maximisant le bien-être collectif. Cette idée repose sur des hypothèses strictes, notamment l’absence de coûts de transaction et une information parfaite.
Or, dans la réalité, de nombreux marchés échouent à atteindre cette efficacité. Les biens publics, les externalités ou les rendements croissants conduisent à des situations où le marché ne parvient pas à coordonner efficacement les décisions individuelles. Ces défaillances interrogent la capacité du marché à produire seul des résultats socialement souhaitables.
Les sujets liant marchés et État
Les marchés ont-ils besoin de l’État
L’existence même des marchés suppose un cadre institutionnel stable, souvent garanti par l’intervention publique. Sans règles communes, les échanges marchands peinent à se développer durablement, car la confiance entre les agents économiques devient incertaine.
L’État joue un rôle fondamental dans la définition des droits de propriété, l’application des contrats et la protection de la concurrence. Ces fonctions créent les conditions nécessaires au fonctionnement des marchés, sans lesquelles les mécanismes d’offre et de demande seraient fragilisés. Aborder cette question dans un sujet de grand oral sur les marchés permet de déconstruire l’idée d’une opposition stricte entre marché et État.
La régulation corrige-t-elle les marchés
La régulation économique vise à corriger les dysfonctionnements des marchés lorsque ceux-ci produisent des effets indésirables. Elle peut prendre la forme de normes, de contrôles des prix ou de politiques de concurrence, selon les objectifs poursuivis.
Les défaillances de marché, telles que les externalités négatives ou les abus de position dominante, justifient théoriquement l’intervention publique. Toutefois, la régulation peut aussi générer des effets pervers, notamment lorsqu’elle est mal ciblée ou capturée par certains intérêts privés. Cette ambivalence en fait un sujet particulièrement riche pour l’oral.
Les marchés sans règles existent-ils
L’idée d’un marché totalement libre de règles est souvent invoquée dans les discours idéologiques, mais elle résiste difficilement à l’analyse empirique. Même dans les contextes les plus libéraux, des normes explicites ou implicites encadrent les échanges.
En l’absence de règles formelles, des mécanismes informels émergent pour sécuriser les transactions, ce qui montre que les marchés ne peuvent fonctionner durablement dans un vide institutionnel. Cette question permet de souligner que les règles ne sont pas antinomiques du marché, mais qu’elles en sont une condition de possibilité.
L’État fausse-t-il les marchés
L’intervention de l’État est parfois accusée de perturber les mécanismes du marché, notamment en modifiant les prix ou en favorisant certains acteurs économiques. Les subventions, les taxes ou les réglementations peuvent effectivement influencer les comportements des agents.
Cependant, qualifier systématiquement ces interventions de distorsions revient à ignorer leurs objectifs économiques et sociaux. Dans de nombreux cas, l’action publique cherche à corriger des inégalités ou à orienter l’économie vers des finalités collectives. Ce sujet de grand oral SES sur les marchés permet d’interroger la frontière entre correction et distorsion.
Les sujets de marchés et mondialisation
Les marchés mondiaux profitent-ils à tous
La mondialisation a profondément transformé le fonctionnement des marchés en élargissant l’espace des échanges au-delà des frontières nationales. Cette ouverture accrue est souvent présentée comme une source de croissance et d’opportunités économiques pour l’ensemble des pays participants.
Dans les faits, les bénéfices tirés des marchés mondiaux sont inégalement répartis. Certains pays, entreprises ou catégories sociales parviennent à tirer parti de la concurrence internationale, tandis que d’autres subissent des pertes d’emplois ou une pression accrue sur les salaires. Aborder ce thème dans un sujet de grand oral SES sur les marchés permet de croiser analyse économique et réflexion sur les inégalités.
La mondialisation renforce-t-elle les marchés
L’intensification des échanges internationaux tend à renforcer le rôle des marchés dans l’allocation des ressources à l’échelle mondiale. La baisse des barrières commerciales et le développement des chaînes de valeur mondiales accroissent la dépendance des économies aux signaux de prix.
Cependant, cette extension des marchés s’accompagne d’une concurrence accrue qui peut fragiliser certaines activités locales et accentuer la spécialisation productive. La mondialisation ne se contente donc pas d’élargir les marchés existants, elle en modifie profondément la structure et les équilibres.
Les marchés mondiaux sont-ils équitables
L’équité des marchés mondiaux est au cœur de nombreux débats contemporains. Les règles du commerce international ne s’appliquent pas de manière uniforme, et les acteurs ne disposent pas des mêmes capacités pour influencer les conditions d’échange.
Les asymétries de pouvoir entre pays développés et pays en développement peuvent conduire à des formes d’échange déséquilibrées, malgré l’apparente neutralité des mécanismes de marché. Cette question invite à réfléchir aux limites d’une régulation exclusivement fondée sur la logique marchande.
Les sujets de marchés et crises
Les marchés provoquent-ils des crises
Les crises économiques sont souvent associées à des dysfonctionnements des marchés, en particulier lorsque ceux-ci sont soumis à des comportements spéculatifs excessifs. L’anticipation de gains rapides peut conduire à des bulles, dont l’éclatement déstabilise l’ensemble de l’économie.
Les mécanismes de marché, fondés sur des anticipations individuelles, peuvent amplifier les chocs plutôt que les absorber. Lorsque la confiance disparaît, les ajustements deviennent brutaux et provoquent des crises systémiques. Ce sujet de grand oral SES sur les marchés permet d’analyser le lien entre rationalité individuelle et instabilité collective.
Les crises révèlent-elles les limites des marchés
Chaque crise met en lumière des failles spécifiques du fonctionnement des marchés, qu’il s’agisse d’un manque de régulation, d’une mauvaise évaluation des risques ou d’une information imparfaite. Ces moments de rupture interrogent la capacité du marché à s’autoréguler durablement.
L’analyse des crises montre que certaines hypothèses théoriques, comme la rationalité parfaite des agents, sont difficilement vérifiables dans la réalité. Les marchés apparaissent alors vulnérables aux comportements mimétiques et aux anticipations erronées.
Les marchés apprennent-ils des crises
Après une crise, des ajustements institutionnels et comportementaux sont souvent observés. Les règles évoluent, les acteurs modifient leurs stratégies et de nouveaux mécanismes de contrôle peuvent être mis en place.
Toutefois, la répétition de crises financières soulève la question de l’apprentissage réel des marchés. Les incitations à court terme et la recherche du profit peuvent conduire à reproduire des comportements risqués. Cette tension entre apprentissage et répétition constitue un angle d’analyse pertinent.
Les marchés peuvent-ils être stabilisés
La stabilisation des marchés constitue un objectif central des politiques économiques. Les interventions publiques, qu’elles soient monétaires ou budgétaires, visent souvent à limiter l’ampleur des fluctuations économiques.
Cependant, stabiliser les marchés suppose de trouver un équilibre délicat entre intervention et respect des mécanismes marchands. Une action trop tardive ou mal calibrée peut aggraver les déséquilibres au lieu de les corriger.
Les sujets de marchés et enjeux sociaux
Les marchés du travail sont-ils justes
Le marché du travail occupe une place particulière parmi les marchés, car il met en jeu des individus et non de simples biens échangeables. Les salaires résultent de la confrontation entre l’offre et la demande de travail, mais aussi de rapports de force et de règles institutionnelles.
Les écarts de rémunération observés entre individus ou catégories sociales interrogent la notion de justice. Les différences de qualification, d’expérience ou de productivité expliquent en partie ces inégalités, mais elles ne suffisent pas toujours à les légitimer socialement. Faire de cette question un sujet de grand oral SES sur les marchés permet d’articuler analyse économique et réflexion normative.
Les marchés accentuent-ils les discriminations
Les marchés sont souvent perçus comme neutres, car fondés sur des échanges volontaires. Pourtant, certaines discriminations peuvent s’y manifester, notamment sur le marché du travail ou du logement, malgré l’existence de règles formelles d’égalité.
Les préférences des employeurs, les stéréotypes ou les inégalités d’accès à l’information peuvent conduire à des traitements différenciés entre individus aux caractéristiques similaires. Ce thème permet de montrer que les mécanismes de marché peuvent reproduire, voire amplifier, des inégalités sociales préexistantes.
Les marchés peuvent-ils intégrer l’écologie
Les enjeux environnementaux posent un défi majeur au fonctionnement des marchés, notamment en raison des externalités négatives liées à la pollution et à l’exploitation des ressources naturelles. Les prix de marché ne reflètent pas toujours les coûts environnementaux réels.
Face à ces limites, des instruments économiques tels que la taxation ou les marchés de droits à polluer ont été développés pour intégrer l’écologie dans la logique marchande. Toutefois, leur efficacité dépend de leur conception et de leur acceptabilité sociale.
Ce qu'il faut retenir
Choisir un sujet de grand oral SES sur les marchés revient à sélectionner une problématique capable de révéler la complexité du fonctionnement économique contemporain. Qu’il s’agisse de concurrence, de régulation, de mondialisation, de crises ou d’enjeux sociaux, les marchés offrent un terrain d’analyse particulièrement riche pour mobiliser des notions théoriques et les confronter aux réalités observées. Un bon sujet ne cherche pas à trancher de manière définitive, mais à montrer que les marchés produisent des effets ambivalents, à la fois sources d’efficacité et de déséquilibres, et que leur compréhension suppose toujours une réflexion nuancée et argumentée.


